Un film de Rémi BEZANÇON et Jean-Christophe LIE Avec Simon ABKARIAN, Thierry FRÉMONT, François-Xavier DEMAISON, Ronit ELKABETZ, Déborah FRANÇOIS, Mohamed FELLAG, Vernon DOBTCHEFF, Roger DUMAS, Max RENAUDIN
ZARAFA
Synopsis
Sous un baobab, un vieil homme raconte aux enfants qui l’entourent une histoire :celle de l’amitié indéfectible entre Maki, un enfant de dix ans et Zarafa, une girafe orpheline, cadeau du Pacha d’Égypte au roi de France Charles X. Hassan, prince du désert, est chargé par le Pacha de conduire Zarafa jusqu’en France mais Maki, bien décidé à tout faire pour contrarier cette mission et ramener la girafe sur sa terre natale, va les suivre au péril de sa vie. Au cours de ce long périple qui les mènera du Soudan à Paris, en passant par Alexandrie, Marseille et les Alpes enneigées, ils vont vivre mille péripéties et croiser la route de l’aéronaute Malaterre, des étranges vaches Mounh et Sounh et de la pirate Bouboulina…
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Interview
Le look du film Par Valérie Schermann & Christophe Jankovic / producteurs
LA GENÈSE DU FILM
Valérie Schermann : Rémi Bezançon a demandé à son agent de trouver un producteur de film d’animation susceptible de s’intéresser au scénario de ZARAFA qu’il avait coécrit sept ans plus tôt. Nous avons lu cette première version du script en novembre 2008, nous avons rencontré Rémi le mois suivant et lui avons proposé de coréaliser le projet. Bien évidemment, il a voulu savoir ce qu’on attendait de lui car il ne connaissait rien au monde de l’animation. Nos intentions à son égard concernaient le découpage, le cadrage, le rythme du film et la direction d’acteurs. Il nous a spontanément donné son accord parce qu’il avait l’habitude de faire les story-boards de ses longs métrages. Nous trouvions l’histoire formidable et très originale mais nous souhaitions en remuscler le rythme, accentuer l’aspect conte et retirer certains aspects un peu trop gentils du récit. Rémi a modifié le scénario dès janvier 2009 en collaboration avec Jean- François Halin et Vanessa Portal. Trois semaines après il nous livrait une nouvelle version. Il n’y avait aucune correction à apporter. Il avait tenu compte de toutes nos remarques. Toutes nos attentes étaient comblées ! Christophe Jankovic : La définition de l’univers graphique du film s’est effectuée en parallèle de la recherche du collaborateur principal de Rémi Bezançon. Quand la réalisatrice Marie Caillou s’est retirée du projet pour raisons personnelles, on a tout de suite pensé à Jean-Christophe Lie puisqu’on venait de finir de produire son premier court métrage, L’HOMME À LA GORDINI, présenté en compétition au Festival de Cannes en mai 2009. Rémi l’a rencontré d’autant plus volontiers qu’il avait adoré son film. Jean-Christophe a un peu hésité car il sortait d’un travail éreintant mais il a réattaqué presque immédiatement tant le projet de ZARAFA l’intéressait. Dès le 1er juillet ils se lançaient dans le storyboard. Côté graphisme, Rémi n’avait pas d’a priori. Lui comme nous souhaitions une approche réaliste. Compte tenu des grands espaces et du voyage dans le temps présents dans le scénario, il était difficile d’envisager un dessin enfantin ou au contraire un peu trash
L’ATTRAIT POUR LE PROJET
Valérie Schermann : Ce projet m’a enthousiasmée car il s’agit d’un voyage, d’un vrai film d’aventures bien rythmé avec du suspense. Le fait qu’il se déroule en 1820 était tout à fait transposable en animation. L’histoire de ce petit garçon africain est forte, émouvante, captivante. Il n’y a pas de mièvrerie. Cela montre qu’on ne peut pas toujours faire ce qu’on veut dans la vie. Il y a un peu côté Balzacien dans ZARAFA ! Christophe Jankovic : L’idée de produire un conte, parfois dur, nous a emballés. Il est question d’une histoire très intime, très humaine, très universelle. Le thème de la paternité est également présent dans le récit. Comme on est au coeur d’un voyage qui nous mène de l’Afrique à Paris et qu’on traverse des paysages grandioses, on a tout de suite imaginé le film en cinémascope. Sa dimension historique nous a intéressés dès le début. On se retrouve plongé dans la capitale entre 1820 et 1830, une époque méconnue située avant les grands chambardements de Paris menés par Haussmann. Un autre point a motivé notre intérêt pour ce projet. On rêvait depuis longtemps de voir des réalisateurs de prise de vues réelles investir le monde de l’animation, apporter une personnalité, une culture de la caméra et un sens du récit un peu différents de la tradition générale de l’animation. Cela a été le cas pour Rémi mais Jean-Christophe lui aussi a cette caractéristique. Il l’avait déjà prouvé dans son court métrage en termes de découpage et de gestion de l’espace.
LE CHOIX DE LA 2D TRADITIONNELLE
Christophe Jankovic : On ne pense jamais à la technique d’animation, 2D ou 3D, avant de définir l’univers graphique d’un projet. Pour ZARAFA , à partir du moment où on s’est lancé avec Marie Caillou et son univers stylisé japonisant, puis surtout avec Jean-Christophe Lie, qui graphiquement est un peu un enfant des TRIPLETTES DE BELLEVILLE, le choix de la 3D ne se posait absolument pas. Valérie Schermann : On voulait le faire en cinémascope parce que les grands espaces liés aux paysages l’imposaient. La 3D n’avait aucun sens.
LES CONTRAINTES DE L’ANIMATION RÉALISTE
Christophe Jankovic : Au stade préparatoire du layout on a été confronté à un problème qu’on a largement sous-estimé : les raccords dans l’espace. Cela est dû au découpage du film dans un univers graphique réaliste. Tous les longs métrages en prise de vues réelles intègrent cet aspect. Mais en général on n’a pas ce type de souci en animation. Or, le réalisme du dessin de ZARAFA , la façon dont les scènes ont été découpées et les hauteurs de caméra ont engendré des faux raccords monstrueux, non pas de mouvement mais dans l’espace. Il faut dire qu’en animation 2D chaque plan est construit de manière indépendante. Donc si un élément n’est pas au bon endroit ça saute aux yeux lorsqu’on regarde une scène dans son ensemble. Valérie Schermann : L’animation réaliste, c’est ce qu’il y a de plus compliqué à faire, surtout lorsqu’elle repose sur de l’acting. C’est le cas ici. Il est plus facile d’animer un loup qui parle qu’un homme qui exprime une profonde tristesse, en gros plan et sans dialogue, avec un dessin extrêmement réaliste. Le scénario de Rémi stipulait que les animaux ne parleraient pas. Ce parti pris est un des points d’ancrage de l’aspect réaliste du film. Un autre point c’est que ZARAFA s’inspire d’un fait historique. Grâce à cette dimension et au gros travail de documentation qui a servi de base au story-board c’est devenu un conte vraisemblable sur les rapports nord-sud. Les gravures sur Paris ont été une mine d’informations pour les éléments de décor comme Notre Dame, les Tuileries, les toits de Paris ou encore l’ouverture toute fraîche du Jardin des Plantes. Par ailleurs, on a dû changer certains noms de personnages réels eu égard à leurs descendants, notamment celui du «méchant» Moreno car c’était un marchand d’esclaves. En revanche on a conservé celui de Charles X. Comme c’était un mauvais roi on s’en moque sans scrupule !
LES DÉFIS À RELEVER
Valérie Schermann : Au départ on pensait fabriquer le film uniquement chez nous en créant un studio classique regroupant les trois pôles de Prima Linea : Paris, Angoulême et Bruxelles, notre partenaire historique. Devant l’ampleur de la tâche lors de la préparation, puis vu le peu de temps et notre budget, on s’est dit que ce ne serait pas sérieux de rester sur cette configuration, qu’on risquerait de ne pas y arriver. On s’est associé à des studios avec lesquels on avait déjà travaillé, les principaux étant en Asie. Le studio espagnol nous a carrément sollicités. Christophe Jankovic : La décision de réaliser ce film en cinémascope avec une girafe pour personnage principal a posé des problèmes techniques qu’on avait sous-estimés ! Les réalisateurs ont réfléchi à la manière de faire rentrer ce personnage vertical dans un cadre horizontal. Et dans une montgolfière aussi ! Ils ont eu envie de relever le défi et on a eu confiance dans leur décision. Comme il ne s’agit pas de cadres standards ça bouleverse les habitudes du pipeline de l’animation : ça joue sur les décors, ça coûte aussi plus cher à fabriquer au niveau du layout décors et du décor couleur. La différence entre un format plus rectangulaire et du cinémascope c’est qu’il y a plus d’horizon, donc plus de milieu d’image et de détails puisqu’on enlève le haut (le ciel) et le bas (le sol du premier plan) qui, en général, demandent moins de travail. Du coup, on se retrouve avec beaucoup de surfaces d’images en largeur dans lesquelles il y a beaucoup plus de détails à créer, soit un bon tiers en plus.
DANS L’OMBRE DU PROJET…
Créée en 1995, filiale de la société Prima Linea fondée par Valérie Schermann et Christophe Jankovic, regroupant une trentaine d’auteurs-illustrateurs-graphistes de renommée internationale, Prima Linea Productions a pour vocation de produire des projets audiovisuels en animation (courts métrages et longs métrages, programmes TV et web, livres et objets numériques, spots publicitaires). L’idée est de créer un catalogue d’oeuvres audiovisuelles et cinématographiques en animation (animation traditionnelle, 2D vectorielle, 3D, web animation) sur le long terme. La société se veut un laboratoire de recherche artistique : développements visuels et littéraires, affinement du concept, recherche graphique, expérimentation de techniques d’animation, réalisation de pilotes. Son coeur de production et de développement est basé au sein du Pôle Images d’Angoulême depuis 2003, avec maintenant un studio à Paris. Prima Linea Productions a notamment produit les films LOULOU ET AUTRES LOUPS, U, PEUR(S) DU NOIR, L’HOMME À LA GORDINI.
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Générique
Réalisateurs Rémi BEZANÇON, Jean-Christophe LIE Producteurs Valérie SCHERMANN, Christophe JANKOVIC, Prima Linea Productions, Vivien ASLANIAN En coproduction avec PATHÉ PRODUCTION, FRANCE 3 CINÉMA, CHAOCORP, SCOPE PICTURES Directeur de production François BERNARD Scénario et dialogues Rémi BEZANÇON, Alexander ABELA Adaptation Rémi BEZANÇON En collaboration avec Jean-François HALIN, Vanessa PORTAL D’après une idée originale de Alexandre ABELA, Rémi BEZANÇON, Jean-Claude JEAN Création graphique Jean-Christophe LIE Musique originale composée et orchestrée par Laurent PEREZ DEL MAR Storyboard Jean-Christophe LIE, Rémi BEZANÇON Développement, préparation Bohlem BOUCHIBA, Antoine DARTIGUE et références d’animation Laurent KIRCHER, Éric OMOND Responsable d’animation Yoshimichi TAMURA Responsable assistanat d’animation Eric OMOND Responsable layout Jean-Luc SERRANO Responsable décors Igor DAVID Modèles couleurs d’animation Emma Mc CANN Responsable compositing Jean-Pierre BOUCHET Assistante réalisation Adeline BONACCHI Casting Maya SERULLA Casting enfants Soria MOUFAKKIR Montage Sophie REINE Superviseur son Bruno SEZNEC Mixeur Fabien DEVILLERS Chef monteur son Sébastien MARQUILLY Dessins du carnet de Malaterre Julien DE MAN